Qui l’attaque ?

Bart De Wever (N-VA) : “Il n’y a que dans la sécurité sociale que nous pouvons encore grignoter de l’argent.” (De Tijd, 9 janvier 2016)

Pierre-Yves Jeholet (MR) : “Le chômage n’est pas une rente.” (Le Soir, 28 août 2017)

Vincent Van Quickenborne (Open VLD) : “Afin d’augmenter la différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne le font pas, la pension des chômeurs de longue durée doit encore diminuer.” (De Standaard, 29 septembre 2017)

Ces dernières années, la sécurité sociale est attaquée par les gouvernements successifs à des degrés divers.  Les gouvernements sociaux-démocrates, de centre-gauche ou de centre-droit, ont porté quelques coups à la sécurité sociale essentiellement en avançant le prétexte du « trou de la sécu ». Son budget serait en déséquilibre, la part de l’État ne cessant d’augmenter dans son financement. Des mesures d’économie donc. C’est le prétexte de l’austérité.

Par ailleurs, la plupart des gouvernements européens affirment qu’il est nécessaire de diminuer le « coût du travail », c’est-à-dire les cotisations patronales qu’ils appellent péjorativement les « charges sociales ». Leur prétexte ? La compétitivité des entreprises. Conséquence de ces réductions de cotisations : le budget de la sécurité sociale est déforcé.

Plus fondamentalement, la philosophie de la sécurité sociale a été modifiée à partir de la fin des années 90 avec ce qu’on a appelé la voie de « L’État Social Actif ». Normalement, cet État Social Actif devait prendre un rôle accru dans le fonctionnement global du « Pacte Social ».  Dans les faits, c’est surtout devenu une activation des demandeurs d’emploi, sous la forme d’une pression de plus en plus forte : augmentation des contrôles, des restrictions, des exclusions. C’est le prétexte de la responsabilisation.

Depuis 2014 et la constitution du gouvernement MR – Open VLD – N-VA, la sécurité sociale est même ouvertement attaquée dans ses fondements. Ce gouvernement se situe dans une ligne néolibérale pure et dure. Le néolibéralisme est un ensemble de théories économiques qui ont en commun la redéfinition du rôle de l’État comme facilitateur de l’économie de marché, et donc l’affaiblissement des institutions de redistribution comme la sécurité sociale. En pratique ? Les tenants du néolibéralisme cherchent à détricoter petit à petit les branches de la sécurité sociale au profit d’assurances privées. C’est, en quelque sorte, la privatisation de la sécurité sociale.

Pour aller plus loin, lire l’article : « Néolibéralisme et sécurité sociale : Habituer à la douleur »